Presque tout le monde mentionne Julie Cole lorsqu’on leur demande de nommer quelqu’un qui vit sa vie à plein régime. Ce n’est pas seulement dû au fait qu’elle a six enfants (oui, oui, six) ou qu’elle a cofondé l’entreprise à succès Mabel’s Labels; c’est que son énergie et son enthousiasme sont une force constante, que ce soit à la maison, en affaires ou sur le web.

Emma : Je vais commencer par la question qui est sur toutes les lèvres : pourquoi six enfants?

Julie : Je ne voulais pas avoir six enfants à tout prix. Au départ, nous savions que nous en aurions plus que deux. Et après la venue de chaque enfant, nous nous sommes dit que ça allait bien, pourquoi ne pas en faire un de plus ? Nous venons tous deux de familles plutôt grandes et nous apprécions la relation que nous avons avec nos frères et nos sœurs… c’était donc logique pour nous. Je dis aux gens que ce qui est le plus dur, c’est de se rendre à deux enfants. Ça ne devient pas deux fois plus dur à chaque enfant. Et vous avez le temps de vous adapter – ils n’apparaissent pas spontanément. Dans notre maison, la philosophie, c’est « plus on est de fous, plus on rit ».

Emma : Avec tant d’intérêts divergents, comment faites-vous pour passer du temps en famille?

Julie : Nous faisons des activités comme toutes les autres familles, nous allons aux parties de hockey et aux récitals des enfants, et nous allons au parc. Le dimanche, c’est notre soirée de jeux de société. Et même si, parfois, on peut sentir que tout le monde va dans des directions différentes, nous sommes étroitement liés. Les enfants ont toujours leurs frères et sœurs à leur disposition, il y a toujours quelqu’un pour jouer au hockey ou aller faire une promenade à vélo.

Notre maison est très centrée sur l’enfant et on s’y amuse beaucoup. De plus, chez nous, la porte est toujours ouverte : tout le monde aime venir chez nous pour sauter sur le trampoline et se baigner.

Emma : Vous accueillez les enfants des autres en plus? Mais ça doit être le chaos!

Julie : Le désordre ou le bruit ne me dérange pas, alors c’est correct. Je réponds toujours aux gens qu’il ne faut pas s’en faire avec de petits riens. Ma maison n’est peut-être pas la maison la mieux rangée du quartier, mais tout le monde y est heureux. Il est important de savoir quels sont vos limites et points forts. Les gens qui se soucient de l’état de leur maison ou du niveau de bruit ne devraient probablement pas avoir six enfants.

Emma : Quels autres conseils donneriez-vous? Je me doute bien que tout le monde doit vous poser des questions sur votre façon de gérer votre maisonnée.

Julie : C’est simple : vous devez connaître vos forces, savoir ce que vous faites bien et continuer à le faire. Et externaliser tout ce que vous pouvez.

Pour rester organisés, nous avons un tableau géant dans la cuisine : chaque enfant a son code de couleur pour ses activités. Ce n’est pas la plus belle chose à regarder, mais c’est ce dont j’ai besoin.

Emma: Et avec tout ce mouvement, comment arrivez-vous à prendre du temps pour vous?

Julie : La vérité, c’est que je n’en ai pas besoin. Quand on a une vie comme la mienne, le travail, c’est mon temps personnel. Ou aller voir mes enfants jouer au hockey seule, c’est prendre du temps pour moi. Il faut arriver à bien cerner ses besoins. Je pensais que je faisais quelque chose de mal, mais j’ai réalisé que j’aime être occupée. Lorsque je fais de l’exercice, j’emmène les enfants avec moi. Si je fais une marche de 5 km, il y a toujours quelques enfants qui me suivent à vélo. Toutes mes activités se font en famille.

Nous avons un chalet de ski où nous allons le week-end, et les enfants adorent skier. Et nous avons un chalet rustique en été. Il n’y a pas d’électricité, seulement l’essentiel. Les enfants adorent ça.

Emma : Comment arrivez-vous à nourrir votre meute?

Julie : Mon secret est de les nourrir tôt : je sers le souper à 16 h 30. Ils ont faim quand ils rentrent de l’école, et ainsi, ils ont mangé avant toutes leurs activités. Ils peuvent prendre une collation plus tard.

Emma : C’est un truc génial, mais je ne suis pas certaine que je pourrais y arriver. Êtes-vous rentrée du travail à cette heure?

Julie: Je les attends à la sortie de l’autobus tous les jours, et je ne travaille que trois ou quatre jours par semaine.

Mabel’s est une entreprise familiale, donc tout le monde est compréhensif et flexible.

Emma : Pourquoi avez-vous commencé Mabel’s?

Julie: Mabel’s est née il y a un peu plus de huit ans, alors que j’avais trois enfants : [rire] mais à quoi est-ce que je pensais? Quand nous avons commencé, il manquait un produit sur le marché, et nous avons voulu quitter le marché traditionnel et avoir plus de flexibilité.

Emma : Vous avez un blogue et Mabel’s a toujours été très actif dans les médias sociaux. Pourquoi?

Julie : Un produit comme le nôtre se vend grâce au bouche à oreille. Et les médias sociaux, c’est l’équivalent virtuel du bouche à oreille. Nous avons donc décidé que c’était la bonne façon de faire pour les mamans. Il y a tant de mamans sur Facebook et Twitter, et le web est une excellente façon de faire connaître la marque et d’offrir un bon service aux clients.

J’écris sur le blogue Mabelhood, qui est un blogue collectif sur l’équilibre entreprise-famille. Et j’écris aussi The Baby Machine pour le Club Yummy Mummy, qui porte sur la vie avec une grande famille.

J’aime l’écriture et j’aime la relation que ça me permet d’établir avec nos clients.

Emma : Alors, est-ce que six est le compte final?

Julie: Oui, c’est bien terminé. Pas un de plus.