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Visite du marché central d’Athènes

Marie-Julie Gagnon

Manger sainement:

Blogueuse globe-trotteuse

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Cette odeur d’olives ne trompe pas : nous sommes bien en Grèce. Dans quelques minutes, nous nous retrouverons au cœur du marché central d’Athènes, dans le secteur Athinas.

Il n’y a qu’à se laisser porter par nos sens pour savoir dans quelle direction aller. L’odorat et la vue, bien sûr, mais aussi l’ouïe. L’endroit est animé et les vendeurs tentent d’attirer notre attention par tous les moyens possibles.

Après les rangées d’olives (de toutes les couleurs, de toutes les tailles!), les fruits, les légumes, les épices, les légumineuses et les montagnes de saucisses, nous nous enfonçons dans le ventre du marché. À l’intérieur, l’atmosphère change du tout au tout.

Des poulets et des carcasses d’animaux pas toujours identifiables au premier coup d’œil garnissent les étals. Une tête de cochon (oui, au sens littéral) suspendue au-dessus d’une rangée de côtelettes attire mon attention. Je m’approche, pendant que mes compagnons de route furètent du côté des moutons exposés dans toute leur nudité. L’espace d’un instant, j’ai l’impression que l’animal cligne de l’œil. Trop de chips à l’origan? Note à moi-même :  cesser toute consommation de cochonneries à saveur inhabituelle. Effectif immédiatement.

En cheminant vers la section des poissons et fruits de mer, mon attention est attirée par un bac rempli de pièces de formes et de couleurs, disons, insolites (un peu trop de brun, de mou et de becs… oh! un œil!). Jusqu’à ce que…

Non, cette fois-ci, je n’ai pas la berlue. Ce sont bien les trois petits cochons alignés devant moi. Du moins, ce qu’il en reste : des gambettes bien découpées, et je ne fais pas allusion à une quelconque paire de jambes qu’on pourrait retrouver dans un magazine de mode.  Plutôt des pattes courtes et grasses, qui feraient fantasmer n’importe quelle grand-mère adepte de ragoût (ça se mange, des sabots, au fait?). Je prends les miennes à mon cou, non sans avoir croqué la scène avec mon iPhone. (Je ne mangerai plus de chips à l’origan, je ne mangerai plus de chips à l’origan…)

Je me sens tout de suite plus à l’aise au milieu des seiches, malgré le couteau que je retrouve planté dans le bac et l’encre bien noire (sang d’encre?).  Je résiste difficilement à l’envie de mordre à pleines dents les calamars et autres gambas qui se trouvent sur mon passage (c’est le sevrage de chips).  Étoiles de mer, crabes et poissons de tout acabit accrochent un sourire niais à mon visage. Aucun doute, le bonheur est dans la mer. Du moins, dans ses fruits.

Je rejoins les autres, déjà loin devant. Je retrouve l’odeur rassurante des olives. Les choux-fleurs. Les tomates bien rouges.

Et, quelques pas plus loin, le grand méchant loup, en pleine dégustation de chips à l’origan.

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